Le conte philosophique

Structure narrative et discours argumentatif

 

 

1)      Une structure narrative facilement identifiable et proche de la typologie du conte :

 

a)   Constitution du schéma narratif  (ou schéma quinaire):

1)   équilibre initial

2)   force perturbatrice

3)   déséquilibre

4)   action réparatrice

5)   état final (heureux)

b)      Examen de la morale finale : Le bonheur n’est pas dans la vanité

 

 

2)      La narration au service de l’argumentation

 

Pour mettre en évidence une « morale », il faut que le lecteur comprenne pourquoi la ruine (matérielle et morale) de Jeannot pouvait être prévisible.

Un certain nombre d’indices sont présents pour créer des attentes et inciter le lecteur à formuler des hypothèses de lecture : 

a)   On peut relever dans le texte des événements qui sont relatés :

a.   Fortune acquise de manière douteuse

b.   Ignorance et crédulité des parents

c.   Crédulité de Jeannot, pris au piège des apparences et du succès

d.   Forces opposantes nombreuses et importantes

b)   repérer l’enchaînement et la rapidité des actions relatées, ce qui leur confère un caractère inévitable.

c)      Repérer  des formules à caractère proverbial qui ponctuent le discours de Voltaire et donnent au texte le point de vue du moralisateur :

 

Comment on fait les grandes fortunes ? C’est parce qu’on est heureux.

Dès qu’on est dans le fil de l’eau, il n’y a qu’à se laisser aller.

La fortune (…) élève et abaisse les hommes à son gré.

La grande fin de l’homme est de réussir dans la société.

L’amour est quelquefois plus cher qu’un régiment.

Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami.

Les richesses ne servent qu’à corrompre le cœur.

Le bonheur n’est pas dans la vanité.

 

 

3) Une mise en abyme de l’argumentation :

 

a)   Sens global de la narration qui cherche à démontrer par l’exemple de Jeannot que « le bonheur n’est pas dans la vanité »

b)   Des personnages confrontent leurs points de vue, les parents face au Gouverneur, puis Jeannot, à la fin, face à sa maîtresse, face au gouverneur, face au théatin.

c)   Tableau récapitulatif des idées et  arguments dans le débat parents/gouverneur

 

Père     

Gouverneur ou ami

  Mère

Question du latin

Ne connaît pas le latin, et considère qu’il est

 préférable de connaître d’abord sa propre langue.

Supériorité des femmes qui ne connaissent pas le latin

Le latin est inutile, voire dangereux.

La géographie

Inutile. Limite la pratique de la science à un usage dans les voyages, ce que le postillon peut résoudre.

Limitation au trajet Paris/Auvergne

 

L’astronomie

Ridicule. Inutile.

Exagération : calculer l’age de la lune

 

Quelle science ?

Apprendre les moyens de plaire

 

 

L’histoire du jour est suffisante. L’histoire ancienne n’est que des fables

Il est dangereux d’étouffer l’esprit des enfants sous les connaissances. La science la plus terrible est la géométrie.

Il suffit que le jeune marquis ait du goût.

 

Les gens de qualité savent tout sans avoir rien appris.

Question sur l’utilité de l’histoire

 

 

La science n’est plus à la mode

Conclusion : le jeune marquis apprendra à danser

 

Question sur le blason

 

Les procédés argumentatifs :

Arguments relevés dans le tableau

Mise en évidence de l’ironie (travail sur les substituts lexicaux appliqués au gouverneur)

Les faux arguments ( arguments d’autorité et lieux communs)